Le Revenu d'Existence

Le Revenu d'Existence est un projet humaniste, où chaque être humain est reconnu comme une personne autonome, apportant à la société toute entière sa richesse relationnelle, ses projets, ses potentialités d'une infinie variété. Loin de toute approche utilitariste, le Revenu d'Existence est dû à chacun "non pour exister mais parce qu'il existe".

Les travaux de Yoland Bresson ont établi que ce revenu, conçu comme partage égalitaire de la rente du capital collectif, représente de l'ordre de 15% du PIB d'un pays tel que la France. En prenant en compte l'ensemble de la population, le montant du revenu d'Existence se situe dans une fourchette de 400 à 450 euros par mois en 2014. Bien entendu, diverses modulations sont possibles autour de ce repère, en se gardant de la tentation de proposer des montants trop élevés, car comme le rappelait de façon prophétique Yoland Bresson, "l'économie risque de se venger".

Questionnant la pertinence des prestations conditionnelles et dispositions fiscales attribuées à diverses catégories de citoyens en fonctions de critères dont la légitimité est parfois très faible, avec une efficacité douteuse, le Revenu d'Existence se substitue naturellement à de nombreux mécanismes redistributifs actuels. Ceci ne concerne aucunement les mécanismes qui répondent à des logiques spécifiques, pleinement légitimes : les systèmes de retraite, l'assurance chômage, les indemnités journalières, la santé, l'éducation, les aides au logement, le soutien aux handicapés, le support dans les situations de dépendance.

Contrairement à une interprétation fréquente, le Revenu d'Existence ne cherche pas à réduire l'incitation au travail. Au contraire, c'est un moyen efficace de libérer l'homme de sa dépendance actuelle à l'emploi salarié - qui scinde inexorablement la société en inclus et exclus - lui permettant d'investir de nouvelles formes de travail, plus autonomes, plus adaptées à un monde créatif et ouvert.

A long terme, les gains de productivité, fruits de l'intelligence humaine, vont certainement se poursuivre dans nos sociétés. La durée totale de travail va donc diminuer. La contrainte du marché rend peu réaliste l'hypothèse d'une augmentation sensible du salaire horaire pour les moins qualifiés. Les revenus nécessaires aux ménages et au fonctionnement de l'économie seront nécessairement de plus en plus déconnectés du travail. De façon imagée, on peut dire qu'on va progressivement distribuer "le salaire des robots", en réalité l'héritage du capital social collectif. Le niveau du Revenu d'Existence augmentera donc naturellement avec le développement de la société.

Quelques points de réflexion...

En soi, le revenu inconditionnel ne présuppose aucune idéologie. L'idéologie libérale aussi bien que sociale démocrate peut se construire sur la base de cette proposition. Elle vient nous rappeler non seulement que nous appartenons au même corps social, mais aussi, qu'à ce titre, nous formons une entité à considérer dans sa globalité, quels que soient les individus qui la composent, leurs situations personnelles et leur âge. En cela le revenu inconditionnel est un facteur de paix sociale.

Attribué à chaque citoyen des pays en voie de développement, un revenu inconditionnel, même très faible, pourrait modifier radicalement les besoins d'assistance de ces pays. Elle changerait du tout au tout les données de la lutte contre la misère dans le monde.

Evidemment, le revenu inconditionnel, à lui seul, ne peut prétendre guérir tous les maux dont souffre la société. Pour autant, il n'en constitue pas moins un des fondements essentiels des réformes à entreprendre.

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Manifeste AIRE 1988

Le Manifeste fondateur de l'AIRE

En juin 1988, l'académicien Henri Guitton et le professeur Yoland Bresson écrivent ce premier texte, qui permettra de fédérer quelques experts et bonnes volontés jusqu'à la création de l'AIRE l'année suivante. On est frappé par la pertinence de ce texte, un quart de siècle plus tard...

Une interview de Yoland Bresson et Marc de Basquiat fin 2013

Une émission de Radio Ici & Maintenant consacrée au financement d'un revenu d'existence en France, avec les économistes Yoland Bresson, Marc de Basquiat et Amaru Mbape.